Fictions, fleurs et figures : quatre regards croisés
Du Nigeria à la diaspora congolaise, quatre artistes construisent des images où la figure reprend la main. Perspectives croisées sur VELMO, Adedamola Onadeko, Iman Hassan et Merry Masheka.
Les images circulent aujourd’hui plus vite que jamais. Face à ce flux, certains artistes choisissent de ralentir, de construire, de mettre en scène. Quatre pratiques venues du Nigeria et de la diaspora congolaise dialoguent ici autour d’une même question. Celle de rendre à la figure sa souveraineté.
VELMO : la photographie comme fiction
VELMO refuse le documentaire passif. Ses photographies sont des fictions visuelles à haute densité narrative, la composition, la lumière dramatique et l’architecture du cadre décident de la place du sujet. Une danseuse suspendue en plein saut au-dessus d’une machine à coudre, une silhouette renversée dans une eau dorée : l’image devient une scène, et la scène interroge le pouvoir.
Adedamola Onadeko : la fleur comme mémoire
Chez Adedamola Onadeko, collage, peinture et assemblage numérique s’articulent autour du motif végétal. Les visages cèdent la place à des fleurs, les corps se couvrent de pétales, des colibris et des papillons tournoient sur des fonds saturés. La fleur est un réceptacle où s’inscrivent l’identité et le souvenir.
Iman Hassan : l’archive du sensible
Formée au design graphique à l’Université Obafemi Awolowo, Iman Hassan compose des images numériques chargées de textures organiques et de pigments terrestres. Une femme assise sur un banc devant un mur rose ; trois figures qui se couvrent les yeux, la bouche, les oreilles. Le quotidien devient un refuge, et la figure féminine s’extrait des stéréotypes pour habiter une poétique du repos et de la souveraineté de soi.
Construire l’image plutôt que la subir.
Merry Masheka : la figure qui résiste
Depuis l’espace de la diaspora, entre la RDC et le Kenya, Merry Masheka peint à l’acrylique des scènes à haute charge émotionnelle. La figure y devient le siège d’une résistance intérieure ; vulnérabilité et appartenance sont fixées dans une grande économie de moyens. En 2025, ce travail a été présenté lors de l’exposition en ligne de la Threads Conference, au Québec.
Ce qui les relie
Quatre médiums, quatre trajectoires, une même exigence : construire l’image plutôt que la subir. Chacun à sa manière, ces artistes rendent au sujet africain la maîtrise de sa propre représentation, ce que Reg’Art s’attache à documenter.



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